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Les Canadiens méritent une réelle concurrence tarifaire dans le secteur des fonds communs de placement

La réforme des frais des fonds communs de placement est essentielle pour protéger les retraites des Canadiens, car la structure actuelle des frais est confuse, engendre des conflits d’intérêts et est peu compréhensible par les consommateurs, qui paient des coûts élevés, obtiennent des résultats peu satisfaisants et ne profitent pas d’une concurrence efficace sur les prix.

Plus de 12 millions de Canadiens sont porteurs de parts dans des fonds communs de placement, pour environ 900 milliards $ d’actifs sous gestion, alors que les frais qu’ils paient sont parmi les plus élevés au monde. Il est donc impérieux de développer une structure de frais claire et qui n’entraîne pas de conflits d’intérêts pour améliorer la concurrence tarifaire et rendre les frais plus faciles à comprendre pour les clients. Les Canadiens méritent de recevoir des conseils financiers objectifs et de voir les gestionnaires de fonds se livrer une concurrence saine pour l’argent qu’ils ont durement gagné.

Tout d’abord, le coût du conseil financier devrait être facturé séparément du produit financier. Le paiement des frais de conseil séparément et directement donnerait lieu à une réelle concurrence tarifaire et entraînerait une demande de meilleurs services et de baisse des coûts en faveur des consommateurs. Cela favoriserait l’efficacité du marché, car la concurrence serait stimulée pour que les consommateurs reçoivent les conseils et produits adaptés à leurs besoins. À leur tour, les clients seraient plus à même d’évaluer si les services et les conseils qu’ils reçoivent justifient les frais qu’ils paient. Les conseillers qui fournissent les meilleurs services et produits seraient récompensés et le jeu de la concurrence donnerait lieu à un secteur des services financiers plus professionnel.

Avec l’élimination des incitatifs décalés qui biaisent les conseils fournis, la Fondation canadienne pour l’avancement des droits des investisseurs (FAIR Canada) s’attend à ce que les placements à faibles coûts basés sur un indice soient plus fréquemment recommandés que ceux à coûts élevés qui demandent une gestion active. En fait, de nombreuses recherches démontrent que les placements à faibles coûts basés sur un indice produisent des rendements supérieurs à long terme aux placements gérés activement.

En conséquence de cette proposition de changement, les clients recevront des conseils plus objectifs et de meilleure qualité qui amélioreront leurs rendements à long terme. Des ajustements légers des coûts ont des impacts importants sur les économies à long terme. (Il est important que les conseillers financiers soient en mesure d’offrir ces produits à faibles coûts aux consommateurs. FAIR Canada recommande donc que les inscrits autorisés à vendre des fonds communs de placement aient également la permission de vendre des fonds négociés en bourse s’ils satisfont aux exigences en matière de connaissances, afin de donner accès à une sélection plus large de produits à faibles frais.)

Grâce aux réformes sur les rapports sur les coûts et les rendements qui seront appliquées un jour, les clients seront enfin informés qu’ils paient une commission (la commission de suivi) aussi longtemps qu’ils sont porteurs de parts d’un fonds commun de placement pour les « services et conseils » fournis. Ils recevront également un relevé indiquant le montant total des commissions de suivi que la société a reçues.

Bien que ces réformes soient positives, elles ne s’attaquent pas à la racine du problème, et les clients trouveront toujours la structure des frais incompréhensible, la comparaison entre les différents fonds communs de placement difficile et ils ne seront pas en mesure de négocier les frais. La concurrence tarifaire efficace n’aura pas lieu, car les paiements aux tiers se maintiendront.

Les recherches et les témoignages sont nombreux, qui prouvent que la divulgation des conflits d’intérêts n’entraîne pas d’amélioration dans la prestation de conseils ou des prises de décision plus éclairées. Même lorsque les conflits d’intérêts sont divulgués aux consommateurs, ils ne sont pas en mesure d’intégrer correctement ces informations dans leurs décisions de placement.

De nombreuses enquêtes auprès des consommateurs démontrent qu’ils accordent une confiance aveugle aux conseillers financiers et qu’ils entretiennent une indifférence presque totale aux effets qu’un conflit d’intérêts peut avoir sur les conseils fournis. Ils croient en fait que les conseillers financiers défendront leurs intérêts quelle que soit la façon dont ils sont payés. De plus, les études sur la divulgation mettent en lumière ses effets pervers, notamment une confiance accrue quant aux conseils biaisés par des conflits d’intérêts et l’apparition d’une licence morale.

La solution idéale serait d’éliminer les conflits d’intérêts entre les conseillers financiers et les consommateurs, qui se trouveraient réduits si l’on interdisait les commissions de suivi et si l’on facturait les clients directement pour les conseils financiers qu’ils reçoivent. Le ciel ne nous en tomberait pas plus sur la tête. Les clients paieraient leurs conseillers plutôt que les créateurs des fonds communs de placement, qui poussent à la vente par des frais élevés.

Ainsi, les frais intégrés n’interfèreraient plus dans les recommandations de produits. Les clients seraient mieux à même d’évaluer si les services et les conseils qu’ils reçoivent de leurs conseillers justifient les frais qu’ils payent. La concurrence serait favorisée et permettrait de soutenir la création de valeur pour les consommateurs, faisant de ce fait émerger de nouvelles pratiques de prestation de conseils financiers, innovantes et plus intéressantes financièrement.

novembre 27, 2013