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L’État et les organismes de réglementation devraient-ils rendre obligatoire le vote consultatif pour empêcher les excès de rémunération des cadres supérieurs ?

Stephen Jarislowsky, administrateur de FAIR Canada et président du conseil d’administration de Jarislowsky Fraser Limitée, et Ermanno Pascutto, directeur général de FAIR Canada, ont discuté de la rémunération des cadres supérieurs dans une émission de la chaîne BNN le 11 juin dernier. Pendant l’entrevue, M. Jarislowsky a fait remarquer que la rémunération des hauts dirigeants a atteint des niveaux exorbitants, sans contribuer à l’amélioration du rendement. Selon lui, la situation a empiré depuis dix ans et il n’existe pas de « chefs de la direction étoiles ». M. Jarislowsky est en faveur de l’élimination des options d’achat d’actions et de la simplification des composantes de la rémunération en général.

Au sujet du vote consultatif sur la rémunération (say on pay), notion introduite il y a deux ans, Ermanno Pascutto a fait remarquer que le secteur privé (et en particulier la Coalition canadienne pour une saine gestion des entreprises) prenait les devants, les pouvoirs publics et les organismes de réglementation n’obligeant pas encore les sociétés à consulter leurs actionnaires sur la rémunération des cadres supérieurs au Canada, comme cela se fait ailleurs, aux États-Unis et en Royaume-Uni notamment. Cent entreprises font volontairement la démarche. « Un jour, […] les organismes de réglementation interviendront, et le vote consultatif finira sans doute par devenir obligatoire », pense M. Pascutto.

La question de la rémunération des hauts dirigeants a fait couler beaucoup d’encre depuis quelques mois. Le Globe and Mail traite cette semaine de divers sujets s’y rapportant, dont celui du vote consultatif. Le mois dernier, l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) publiait sa plus récente prise de position sur la rémunération des cadres supérieurs, intitulée Payer pour la valeur ajoutée : Trancher le nœud gordien de la rémunération des hauts dirigeants. Ce document, préparé par le professeur Yvan Allaire, formule quelques recommandations stratégiques à l’intention des conseils d’administration, dont les suivantes :

    • éliminer graduellement les options d’achat d’actions,
    • remettre en question la pratique standard consistant à établir la rémunération des hauts dirigeants en fonction de ce que des sociétés comparables versent à leurs cadres supérieurs; et
    • maintenir un rapport raisonnable entre la rémunération du chef de la direction et celle des autres employés de l’entreprise.