FAIR Canada profite de la rentrée scolaire pour diffuser ce bulletin traitant de l’éducation financière. Cette question n’est habituellement pas au centre à notre mandat, qui est de promouvoir les droits des actionnaires et de protéger les investisseurs individuels. Mais la littératie financière est au cœur de ce que nous faisons pour assurer que les consommateurs de services financiers sont sur un pied d’égalité et traités équitablement. Lorsque j’ai terminé mes études secondaires en 1972, le programme scolaire ne comportait aucun cours sur le sujet, même si je me rappelle avoir dû apprendre toutes sortes de choses qui ne m’intéressaient pas et n’allaient pas vraiment me servir dans la vie. Je me serais probablement intéressé davantage aux mathématiques si on m’avait dit comment m’en servir pour devenir millionnaire – un but attirant pour moi qui viens d’une famille d’immigrants pauvres. Et comme mes parents connaissaient mal l’anglais, il aurait été bon qu’on m’aide à maîtriser des notions financières comme un emprunt hypothécaire; je suis convaincu que cela reste vrai aujourd’hui dans les familles immigrantes qui ne parlent aucune des deux langues officielles.
Quand mes enfants ont fini leurs études secondaires il y a quelques années, la situation était la même : l’enseignement des questions financières n’était toujours pas au programme. Des jeunes Canadiens entrent dans la vie active sans connaître les rudiments de la finance (comment fonctionnent les prêts hypothécaires, les placements, les régimes de retraite ou le crédit en général), donc sans avoir les bases indispensables pour se débrouiller seuls dans un monde financier de plus en plus complexe.
Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont des stratégies nationales d’initiation aux affaires financières. Dans d’autres pays, le sujet est reconnu comme un atout pour la croissance économique, la compétitivité de la main-d’œuvre et la gestion des finances personnelles. Le Canada a commencé à rattraper son retard puisque de nombreuses mesures ont été lancées par les pouvoirs publics, les commissions des valeurs mobilières, les sociétés de services financiers, les organismes à but non lucratif et les groupes communautaires.
Il est temps que notre pays se dote d’une stratégie canadienne de littératie financière. Pour que le sujet devienne une priorité nationale, il faut que l’exemple soit donné au plus haut niveau, celui des premiers ministres fédéral et provinciaux, qui doivent sonner la charge pour mobiliser tous les intervenants, notamment les systèmes d’éducation.
Ce bulletin comprend les éléments d’information suivants :
- Une question d’éducation financière, enquête de FAIR Canada sur les problèmes du Canada dans ce domaine et sur les multiples efforts déployés pour les résoudre (nous y décrivons les mesures à prendre, selon le consensus qui se dessine, et les limites de l’éducation financière);
- Un article de Ellen Roseman, chroniqueuse au Toronto Star, rédactrice d’ouvrages de vulgarisation financière et membre du conseil d’administration de FAIR, qui traite de la nécessité pour les consommateurs d’être plus sceptiques;
- Ce qu’il faut réellement pour changer l’éducation financière, article de Tom Hanza, directeur exécutif du Investor Education Fund;
- Un commentaire de Patricia Bowles, de la Commission des valeurs mobilières de Colombie-Britannique, sur les défis qu’a surmontés cette province pour ajouter au programme secondaire un cours sur les aptitudes à avoir pour réussir dans la vie;
- L’éducation ne remplace pas la réglementation, rapport de Ed Waitzer paru à l’origine dans le Globe and Mail (M. Waitzer, ex-administrateur de FAIR et ex-membre de la CVMO, dirige maintenant le Hennick Centre de l’Université York);
- Analyse critique de l’éducation financière, bref synopsis d’un article provocateur de Lauren Willis, professeur de droit aux États-Unis;
- Des liens vers un large éventail de sites Internet sur la littératie financière.






